Comme je vous le disais précédemment, je viens de terminer la lecture du livre de Guy Corneau « Le meilleur de soi » que j’ai trouvé par hasard en chinant chez les petit frères des pauvres, comme à mon habitude.
J’ai beaucoup aimé ce livre qui tombe à point nommé à ce stade de mon développement personnel et de mon challenge. Notamment, ce passage que je voulais vous retranscrire ici qui traite des efforts à faire si l’on veut entamer un processus de changement. Cela rejoint un peu le thème du dernier sujet de la croisée des blogs auquel j’ai participé ‘Peut-on vraiment changer ?’
On ne devient maître qu’à partir de ce que l’on pratique chaque jour. Cela vaut aussi bien pour la maîtrise de nos états intérieurs que pour la maîtrise d’un instrument. Comment penser maîtriser une fugue de Bach si on n’a jamais fait une gamme ? Au point de départ, bien qu’il contemple la perspective avec plaisir, l’élève ne sait pas comment l’exploit sera un jour possible.
Le but lui semble lointain et difficile à conquérir. Il faudra passer par la discipline et par l’assiduité. Il faudra joindre le coeur à la technique, la stabilité à l’inspiration, la régularité à la liberté, la mécanique au fantastique.
Sans lecture ni séminaire, sans écoute de soi, sans méditation, sans contemplation, sans hygiène alimentaire, sans exercice physique, sans attention aux autres, sans expression, sans thérapie si on en a besoin, comment pourrait-il se passer quelque chose de significatif pour le meilleur de soi dans notre vie ? Comment pourrait-on se lever un beau matin et être maître de soi-même ?
Tout vient pas à pas, note à note, pratique après pratique. Les effets suivent, inévitablement. Ils ne peuvent pas ne pas se produire. Si l’on fait des exercices d’assouplissement chaque jour, on ne peut pas ne pas s’assouplir. Si l’on fait de la musculation régulièrement, les muscles vont se manifester puisqu’ils sont là, ensommeillés. Ils ne demandent qu’à s’éveiller. Le meilleur de soi aussi. Vous n’êtes peut-être pas convaincu qu’il y a de l’amour, de la joie et de la créativité en vous. Pourtant si vous les nourrissez chaque jour, ils vont croître puisqu’ils sont déjà présents.
Cela signifie qu’il y a un effort constant à faire, un effort quotidien, un effort de chaque instant. A la longue, il devient une douce vigilance. Il est associé à un choix lui aussi quotidien, lui aussi de chaque instant, celui de devenir autonome, de ne pas rester l’esclave de ses conditionnements, de faire l’expérience d’une vie pleine et créatrice, une vie pleinement satisfaisante.
Il y a un effort à faire parce que nous devons changer d’espace intérieur. Nous devons passer du monde de la personnalité, de ses peurs et de ses images, à celui du meilleur de soi que nous voulons nourrir et exprimer. Comme pour tout voyage, il faut consentir à un moment de transition qui nous dérange. Il bouscule nos habitudes et notre bien-être.Comme n’importe quel voyage, il faut préparer ses bagages, entrevoir le parcours, charger le coffre de la voiture, conduire, décharger le véhicule et s’installer. Cela ne peut aller sans un minimum d’efforts.
L’appel du connu est terriblement persistant. Il se fait entendre dès qu’il en a l’occasion. Alors nous risquons de glisser imperceptiblement vers nos vieilles habitudes parce qu’elles sont confortables. En raison de l’attraction qu’il exerce et des plaisirs éprouvés dans le passé, le périple peut-être long. D’innombrables allers-retours s’effectuent. Des milliers de promesses sont prises et ne sont pas tenues. Peu à peu cependant, de nouveaux goûts se développent et il devient plus facile de se situer dans la nouveauté. On a moins peur des réactions des autres et de leurs jugements. On se rend compte qu’après tout il s’agit bel et bien de notre vie et que personne ne peut la vivre à notre place.


















